MARYAM EISLER

MARYAM EISLER

ART
25 avril 2017

Maryam Eisler est une photographe artistique, rédactrice et mécène qui vit à Londres. Née en Iran, elle a grandi à Paris puis étudié dans les plus grandes écoles internationales en France et aux Etats-Unis. Elle est notamment titulaire d’un BA du Wellesley College et d’un MBA de l’université de Columbia. Elle a contribué à la rédaction et à la publications d’ouvrage artistiques de renoms tels que : “Sanctuary: Britain’s Artists and their studios” ; “Art Studio America: Contemporary Artist Spaces” ; “London Burning: Portraits From a Creative City”  en collaboration avec les maisons d’édition TransGlobe Publishing et Thames and Hudson.

Elle a récemment organisé sa première exposition solo à la Space Gallery à St Barth.

Nous avons eu la chance de la rencontrer pour discuter de son travail et ses sources d’inspiration.

Racontez-nous l’histoire et l’approche artistique derrière la série de photo  “Searching for Eve in the American west” que vous exposez en ce moment.

J’ai toujours été passionnée par la culture et la spiritualité améridienne. Alors que je travaillais sur le livre “Art Studio America: Contemporary Artist Spaces”, j’ai suivi les traces de l’artiste Georgia O’Keffe dans un voyage à travers les paysages du Nouveau Mexique pour visiter sa maison et studio du côté d’Abiquiu. J’ai été profondément émue par cette nature hostile, imposante et une lumière… quelle lumière ! J’ai ressenti l’intemporalité de ce paysage qui faisait écho à l’Art et aux mots de Gerogia O’Keeffe : ” un espace isolé et préservé de tout sentiment, que j’appelle “lointain”… c’est un endroit que j’ai peint auparavant et que je ressens à nouveau aujourd’hui le besoin de peindre”. Moi même, je n’ai pas résisté à l’envie d’y retourner. Mais cette fois, en tant qu’artiste, munie de mon appareil photo pour seul moyen d’expression de mes sentiments. Il s’agissait cette fois de partir à la découverte de moi-même,

une sorte de voyage initiatique. J’ai passé des journées entières en randonnée à travers les déserts arides et les canyons inhospitaliers du Nouveau Mexique. Une fois encore, j’étais comme envoutée par le pouvoir de cette nature, éclairée d’une lumière presque mystique. Alors que je photographiais Maralah et Wakanda, mes deux modèles amérindiennes, dans cette nature si dure, j’ai ressenti ce qu’avait pu être l’origine du monde. J’ai vu la représentation d’Eve, majestueuse sur les lignes rocheuses, aussi sensuelle et puissante que la nature qui l’entoure. Elle est devenue ma muse, mon inspiration.”

La femme et le pouvoir de la féminité sont au coeur de votre travail, vous définissez-vous comme féministe ?

Oui, vous pouvez dire que je suis féministe. Dans mon travail, je célèbre la Femme avec un grand F. Les grandes figures féminines sont pour pour moi une source infinie d’inspiration. L’été dernier, par exemple, alors que je voyageais dans le sud de la France, j’ai visité les “Carrières de Lumières”  à côté des Baux-deProvence, où jean Cocteau a tourné le testament d’Orphée en 1960. Inspirée par les lieux, je n’ai pu résister à l’envie de shooter ma propre vision de la nymphe Eurydice. En résulte ma seconde série de photos : “Eurydice en Provence”, une ode à la beauté et à la divine féminité.”

Vous êtes née en Iran, vous avez étudié en France et aux Etats-Unis… Quelle culture vous a le plus influencée ?

J’ai eu la chance de naitre dans une famille très ouverte au Monde et de grandir dans un environnement international. Ainsi, je navigue aisément entre ces trois cultures qui me nourrissent toutes trois à parts égales.”

Maryam Eisler est une femme très inspirante… Nous ne sommes d’ailleurs pas les seuls à le penser puisqu’elle a été élue l’une des “100 femmes les plus puissantes du monde de l’Art” par The Artnet, en 2014.

Contact :

Space Gallery : info@spacesbh.com

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